• Fin de la consommation du chien au Vietnam, tradition culinaire et nécessité
  • Fin de la consommation du chien au Vietnam, tradition culinaire et nécessité

  • Mis à jour le 19 Sept, 2018       Par: Dzung NGUYEN
  • Lorsqu’une proposition sur l’interdiction de la consommation du chien dans la capitale est mis en débat ces derniers jours, les médias internationaux n’en sont pas indifférents en mettant en avant les opinions provenant d'autres continents. 

    La dernière annonce officielle du Comité populaire de Hanoi appelant ses habitants à ne plus manger du chien a attiré l’attention des journaux étrangers sur ce vif sujet du pays. Notre synthèse des points de vue de The Guardian, BBC, Reuters et Asia Times.

    Manger du chien au Vietnam vu de l’extérieur

    Petit rétrospectif sous l’angle de The Guardian  

    Selon un article de The Guardian publié en 2013 ayant pour titre «Comment manger du chien devient une grande entreprise au Vietnam», chaque année des centaines, même des milliers de chiens sont volés en Thaïlande pour arriver à Hanoi par biais des trafics irréguliers et finir dans l’assiette des restaurants. Le besoin de cette viande est si important que son approvisionnement devient professionnel et brutal avec la complicité du marché noir.

    Ce quotidien ajoute que manger du chien est une habitude culinaire qui persiste à travers les générations des Vietnamiens. Pour eux, cette viande est bien nutritive et bénéfique pour la santé d’une part et d’autre part, bon marché. 

    L’absence de transparence au niveau de la source des chiens encourage, de fait, les vols de cet animal. Et pire est de voir les coupables qui, rattrapés par les habitants, sont furieusement attaqués par ces derniers.

    manger du chien au vietnam commerce

    Une rédaction de Reuters en 2013 intitulé "Le chien au Vietnam, non plus simplement le dîner"

    Depuis 2013 se font jour les changements de comportement chez une partie de la population hanoienne sur cette habitude alimentaire. Nguyen Bao Sinh, propriétaire d’un hôtel pour les animaux domestiques convie que l’alimentation n’est plus une préoccupation pour les Vietnamiens et d’ailleurs les conditions de vie se sont effectivement améliorées ces dernières années. Manger du chien est vu progressivement comme un acte cruel, ajoute - il.

    Le journal met en lumière le cas d’un commerce illicite à Cao Xa, fournisseur de chien en banlieue de Hanoi. Un des marchands révèle qu’il y a des fois, son village pourvoit deux tonnes de cette viande par jour aux points de vente et restaurants. Sauté, rôti ou brochette de viande grillée, le chien reste un plat populaire au Vietnam, prisé notamment par la croyance, selon laquelle, ce plat apporte de la chance. 

    L’interview de Reuters fait part aussi d’un jeune qui mange du chien pour être chanceux au concours d’entrée à l’université. Cinq ans déjà passés, qui sait il a réussi ou non.

    manger du chien au vietnam consommation

    Tout récemment selon BBC, les Vietnamiens sont de jours en jours nombreux à se mettre contre la consommation du chien. Néanmoins, cette pratique semble toujours ancrée dans le quotidien. 

    Les autorités municipales de Hanoi demandent aux habitants de cesser de consommer de la viande de chien et mettant en avant que cette met altère l’image de la ville et engendre des risques à la santé, selon un article publié le 12 septembre dernier par BBC.

    Dans la même publication, on extrait certains commentaires des internautes vietnamiens dont un des plus remarquables souligne que “au lieu de mettre fin définitivement à la consommation du chien, il vaut mieux la pénaliser par de très grosses taxes, sinon autoriser cette affaire aux secteurs précis ».

    Selon cette information, sont recensés actuellement plus de 1000 commerces à Hanoi qui vendent de la viande de chien et de chat. Les autorités de Hanoi prient aussi ses habitants d’adopter la nouvelle attitude vis-à-vis de la viande de chat, nourriture moins populaire mais facilement accessible dans le pays. La réalité montre que ces animaux, une fois volés, sont rudement abattus. On compte environ 490.000 chats et chiens à Hanoi dont la quasi majorité sont des animaux domestiques.

    D'après le journal Asia Times: "Le chien n’est pas considéré au Vietnam comme le meilleur ami de l’homme"

    Pour cet article, manger de chien est certes ancré dans le mode de vie des Vietnamiens, mais cet acte est amené à reculer graduellement face à la protestation ardente de la part des défenseurs d’animaux. Une enquête réalisée sur le commerce de viande de chien montre que 95% des avis sont favorables à la prohibition de cette activité. 

    Quoi qu’il en soit, même une mesure restrictive sur la consommation de chien est applicable, l’élimination de cette coutume se pose toujours comme une question épineuse, au dire du fondateur de l’Organisation vietnamienne de lutte contre la cruauté envers les animaux. Au Vietnam, les chiens et chats restent la "propriété" de l’homme plutôt qu’un compagnon de la famille, toujours selon lui.


ALAIN LOUIS
Sept 19, 2018
Tout est question de culture et de coutumes ancestrales. Il est facile à l'européen de critiquer... Chez nous les chiens et les chats vivent avec nous dans la maison et parfois sont bien mieux nourris que certaines personnes pauvres, alors il est pour nous inconcevable de les manger. On ne mange pas ce qui nous apparaît - à tort ou à raison - comme étant proche de nous. Le tabou absolu, c'est de manger nos semblables. Que disent de nous les indiens pour la consommation de la vache ? Le sentiment d'horreur que provoque l'idée d'avoir mangé du cheval sans le savoir, au Grande-Bretagne - où l'espèce est sacrée -, mais aussi en France et ailleurs, rappelle que dans toute société, on ne mange pas indistinctement tous les animaux. Comme l'Eglise réprouvait cette habitude alimentaire considérée comme une survivance païenne, on n'a pas mangé de cheval jusqu'au XIXe siècle. Autorisée en 1866, la consommation de viande de cheval continua à se heurter jusqu'à la fin du siècle à de vives résistances, émanant pour l'essentiel des deux extrémités de l'échelle sociale : paysans et ouvriers, dont le cheval était le compagnon de travail ; aristocrates et cavaliers militaires, qui voyaient dans l'hippophagie une trahison envers un compagnon d'armes. Progressivement, la consommation de cheval devint cependant de plus en plus régulière dans les classes intermédiaires. Jusqu'à atteindre, au sortir de la seconde guerre mondiale, 10 % à 12 % de la consommation carnée de l'ensemble des Français. Donc tout change et c'est tant mieux, tout société figée disparaîtra tôt ou tard. J'ai souvent vu du chien à vendre sur les marchés au Vietnam, je n'en ai jamais acheté et j'ai refusé d'en consommer au restaurant. Chacun sa liberté, on doit accepter les us et coutumes des peuples, c'est ça le respect, même si l'on réprouve les faits à cause de notre civilisation qui n'est que la nôtre.
RépondreVoir tous les commentaires(1)

Code anti-spam Tapez les caractères qui s’affichent dans l’image

Authentik Vietnam
Authentik Vietnam - Sept 21, 2018
Merci pour votre partage d’opinion avec des infors intéressantes sur les traditions culinaires liées aux cultures différentes. Un point de vue ouvert qui est largement partagée par notre avis. Au plaisir de vous lire.

Commentaire


Tapez les caractères qui s’affichent dans l’image